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14/07/2008 Manu Chao & La Colifata, la radio des patients de l'hôpital psychiatrique de Buenos AiresManu Chao produit un disque des « fous » argentins de La ColifataCOLIFATA veut dire « radio des fous ». Une radio peu commune que vous n’entendrez pas sur la bande FM en France mais à Buenos Aires en Argentine. Chaque samedi, depuis 1999, des pensionnaires d’un hôpital neuropsychiatrique occupent l’antenne de la Colifata et s’expriment librement vers le monde entier. Un projet magnifique qui fait des petits puisque d’autres Colifata ont vu le jour à l’étranger. Briser l’isolement et permettre l'expression libre d’hommes et de femmes en souffrance dans un cadre thérapeutique. Voilà le projet ! « C’est de la poésie à l’état pur ! Du Prévert ». Notre globetrotteur national, MANU CHAO, est tombé sous le charme de ses voix tremblantes, indécises mais gorgées d’humanité. De cette rencontre est né un album qui sortira prochainement. Une rencontre comme une évidence. Nous l’attendons avec impatience. Bienvenue sur LT 22 Radio La Colifata, la radio des patients de l'hôpital Borda de Buenos Aires. » Il est 14h30. Le ciel est un peu couvert et, dans la cour du Borda, c'est la grande effervescence. Aujourd'hui, l'émission - qui a lieu tous les samedis depuis 15 ans - est un peu spéciale. Un invité de marque est attendu. « Notre illustre Colifato, un ami, un membre de la famille », précise Alfredo Olivera, le créateur de cette radio pas comme les autres. Manu Chao arrive quelques minutes avant la prise d'antenne. La présence de Manu ici n'est pas fortuite. Il suit la Colifata depuis des années. « Ce sont des gens exceptionnels, des poètes, des maîtres à penser », ne cesse-t-il de répéter. Mais, malgré le succès d'estime et médiatique, la radio est connue dans le monde entier, la Colifata vit une période difficile. « Il n'y a plus d'argent dans les caisses », annonce Alfredo. « Manu, une nouvelle fois, va nous aider. S'il est à Buenos Aires en ce moment, c'est pour enregistrer un disque avec les Colifatos dont les bénéfices seront reversés à notre association. C'est un beau projet artistique et qui, j'espère, permettra de nous renflouer. »
L'émission d'aujourd'hui est donc particulière. L'équipe de la Colifata tente tout de même de suivre le conducteur établi, écrit comme d'habitude à la craie sur un grand tableau posé contre un arbre. Hugo, Julio, Eduardo, Pablo, Silvina, tous font leur chronique. Julio mène tambour battant une interview avec Manu qui, de temps en temps, prend sa guitare pour accompagner la poésie d'un des Colifatos. Le public écoute, parfois distraitement, parfois très attentivement. Car l'émission se prolonge, elle durera plus de 7 heures. Vers 19 heures, après quelques chansons en solo, les Radio Roots, amis de longue date de la Colifata, se frayent tant bien que mal un passage entre le public pour retrouver Manu. Quelques rumbas, dont un Clandestino repris en chœur par tous, et il faut songer à ranger le matériel. Beaucoup auraient souhaité prolonger la fête, mais nous sommes dans un hôpital psychiatrique. Á 20h30, Alfredo met un terme à cette émission qui restera gravée dans le marbre de l'histoire de la Colifata. Demain, les sessions de travail vont démarrer. Manu a rendez-vous avec les Colifatos pour une première séance d'enregistrement.... En 1991, la Colifata a démarré avec très peu de moyens, sans antenne ni fréquence de transmission et avec du matériel prêté par des amis ", poursuit-il. Depuis lors, un long chemin a été parcouru et aujourd’hui, grâce à une petite antenne rudimentaire qui émet sur 250 mètres environ, les 1 200 patients du Borda peuvent capter en direct l’émission depuis leur chambre. Quant aux auditeurs " de l’extérieur ", leur rendez-vous hebdomadaire avec les " Colifatos ", comme les patients se surnomment eux-mêmes, passe par une trentaine de radios FM ou en ondes courtes. L’enregistrement est travaillé puis découpé en " microprogrammes" de quelques minutes, sortes de petits billets d’humeurs, de revues de presse et d’interviews, diffusés, de la Terre de Feu à Buenos Aires, par des radios communautaires ou de grands réseaux radiophoniques nationaux. Portée aux nues par les uns, critiquée par les autres, la Colifata continue tant bien que mal d’exister. " Nous nous battons chaque semaine pour diffuser notre programme, renchérit Alfredo Olivera. Cette radio naît et meurt chaque samedi... |
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